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Notre Êtreté ou la conscience du Soi, notre guide vers le lâcher-prise absolu …

- Temps de lecture : 4 minutes

I.16 Tat-param purusha-khyāter guna-vaïtrishnyam.
« Le plus haut degré dans le lâcher-prise, c’est se détacher des Gunas grâce à la conscience du Soi ».*

 

Tat = cela (le lâcher-prise), param = le plus haut, purusha = le Soi, le Centre, khyāti = la conscience, la connaissance absolue, guna = qualité, modalité de la manifestation, vaïtrishnya = l’absence de désir, le détachement.

 

Selon le Sāṃkhya, une des grandes philosophies de l’Inde, le Purusha c’est l’essence de toute chose, le divin, la source, Il est immuable et non manifesté.

Le Purusha uni à la Prakriti, l’énergie matière, donne la manifestation, la matérialisation, de la création du Cosmos à la création de la vie de toute chose.

Les Guna (mot sanskrit qui signifie « corde ») sont les modalités de la représentation en nous. Elles se traduisent dans nos actes, nos paroles, issus de nos perceptions. Comme les cordes d’un instrument de musique, elles jouent les différents registres de nos émotions. Elles s’expriment en toute vie, inerte ou mouvante. On peut dire que les Guna colorent les êtres que nous sommes des teintes de nos sentiments. C’est peut-être pourquoi on parle de la couleur des émotions ? C’est une manière de donner corps à ces modalités psychiques dans nos actions.

Les Guna sont au nombre de trois  :

  • Tamas: l’énergie sombre et opaque de l’immobilité, l’inertie. On est fatigué, on se sent découragé, rien ne nous intéresse, on reste dans la paresse, voire l’ignorance. A l’extrême, on tombe dans la dépression. Une vision négative de la vie. Elle est rattachée à l’élément terre. La couleur qui la représente est le noir.
  • Raja : l’énergie de l’activité. La créativité est présente. On se sent excité, vif et la suractivité peut en découler. Porté par l’égo et ce qui se passe à l’extérieur, on est tourné vers la comparaison, la reconnaissance des autres. On peut être jaloux. A l’extrême, on devient anxieux et stressé. Rattachée à l’élément feu, sa couleur est le rouge.
  • Sattva : l’harmonie et l’énergie de l’équilibre entre les deux premiers. On est naturellement heureux, porté par le mouvement de la vie, sans effort. Tourné vers l’intérieur, il n’y a pas d’extrême, juste la présence à ce qui se passe. On est détaché de notre égo. Son élément est l’espace, l’éther. Sa couleur est le blanc.

 

Le plus haut lâcher-prise, c’est cette absence de désir qui va commencer par une énergie tournée de plus en plus vers Sattva Guna, ou l’on trouve un calme et un équilibre psychique et physique de plus en plus fréquents.

Cependant ce n’est qu’une étape qui nous amène vers le détachement complet des Guna : Nirguna (au-dessus des Guna). L’état de lâcher-prise complet, de détachement face à tout ce qui arrive.

 

Nous vivons souvent en oscillant d’un niveau à l’autre…

Ainsi, quand nous nous engageons à fond dans une activité, c’est notre côté « rajasique » qui s’exprime. Nous sommes dans l’intense, que ce soit dans le sport ou nos métiers, notre vie, dans une pratique… Nous sommes dans l’exagération.
Puis, fatigués par cet engagement soutenu, nous nous écroulons de fatigue. Nous basculons vers notre aspect « tamasique ».

Je me souviens de mon père qui, quand j’étais petite, était totalement impliqué dans son activité professionnelle.
Il sacrifiait tout pour son travail, son entreprise. Son travail était sa vie. Il n’en avait pas conscience. Son éducation le guidait  » travailler c’est important », le dur labeur judéo-chrétien.
Nous partions en vacances une semaine par an. Là, il s’écroulait de fatigue, passant beaucoup de ses journées à dormir. Ensuite, il faisait la fête avec ses amis, comme s’il rattrapait le temps perdu dans son hyperactivité professionnelle… Sa vie oscillait de raja à tamas, ostensiblement, sans qu’il en ait même conscience.

Aujourd’hui, il est intéressant d’observer comment ces aspects guident notre existence. Certains diront peut-être que l’aspect « tamasique » est apparu, avec notamment la crise COVID qui nous a installés dans une phase de non action. Nous attendons des autres une aide ou des solutions, ayant perdu la confiance dans la vie et l’énergie de faire.

 

L’ouverture à la conscience profonde, notre Êtreté, nous permet d’atteindre le lâcher-prise absolu.

Laisser notre conscience nous guider, c’est atteindre un niveau de connaissance de soi élevé qui nous amène à accepter de lâcher le désir. C’est accepter de s’ouvrir à la spiritualité, sans tomber dans l’aveuglement, ni dans une croyance excessive, qu’elle soit religieuse, ou idéologique. Nous tomberions alors dans le côté « rajasique » de notre énergie psychique. Rien ne serait équilibré. Le risque serait de recréer une nouvelle croyance.

L’objectif de la pratique et du développement de notre conscience du Soi est de nous libérer de l’influence énergétique des Guna et de nos croyances qui en découlent.

En en prenant conscience, leurs mouvements ne nous atteignent plus. Nous prenons notre juste place dans notre vie.

 

Pour comprendre l’impact de ces énergies, cette semaine :

Côté coaching,

  • Ai-je conscience de mon Êtreté, cet état de conscience intérieur qui m’amène au détachement ?
  • Comment ma vie est-elle guidée par les différentes énergies qui m’imprègnent ?
  • De quelle manière je me détache des tribulations de mes émotions ?
  • Quelle est la différence entre détachement et indifférence ?
  • Quel état m’habite le plus souvent ?
  • Comment m’en défaire pour stabiliser le flot de mes émotions, sortir des croyances aveugles ?
  • Comment accroitre ma conscience du Soi en moi et son impact sur ma personnalité et sur mes actions ?

 

Côté yoga,

Assis confortablement, sur une chaise ou sur votre zafu, méditez sur le flux de vos pensées

  • Observez votre respiration,
  • Observez l’inspiration,
  • Observez l’expiration,
  • Puis, après plusieurs cycles, observez…
  • Des pensées viennent-elles dans votre tête ?
  • Si oui, observez-les, puis laissez-les aller…
  • Observez les espaces entre chaque idée, chaque pensée…
  • Peu à peu, l’espace s’étend-il ?
  • Si non, revenez à votre respiration, sans lutter, sans forcer…
  • Juste observez et acceptez : la posture, la méditation, les pensées qui se présentent, les espaces qui se créent… ou ne se créent pas…
  • Après le temps qui vous convient, sortez de votre méditation, étirez-vous, baillez, souriez, observez votre état du moment…

Une pratique vers l’acceptation…

 

Bonne semaine à vous.

Isabelle ABBADIE-BAOUSSON

 

*Traduction Françoise MAZET – Yoga-Sutras Patanjali – Albin Michel – Spiritualités vivantes.

 

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