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Le corps : espace anatomique siège de douleurs physiques

Extrait de mon mémoire professeur de Yoga – EFYMP – Soutenu le 9 mai 2020

Voici deux ans, j’ai commencé à transmettre le yoga, à des amis d’abord, puis des remplacements, et depuis quatre mois, mes propres élèves. Force a été de constater une grande similitude dans les raisons de leur venue à un cours de yoga : la première évoquée est le stress, la seconde, le besoin de faire de l’exercice en douceur. Tous ont en commun de ressentir des douleurs physiques. Souvent, ce sont des problèmes de dos, particulièrement au niveau des lombaires ou des cervicales, quand ce ne sont pas les trapèzes, mais encore le coude, la hanche… Et rarement, ils savent exprimer leur éprouvé au niveau du corps. J’ai rencontré ce même phénomène lors des accompagnements que je réalise en coaching.

En cela, je me retrouve dans ces vécus, quand j’ai commencé le yoga en 2004…

Nous souffrons, nous supportons la douleur, endurant des souffrances physiques. Mais nous ne savons ni les nommer, ni les décrire. Pire encore, nous ne parvenons pas à les calmer, à moins de prendre des antidouleurs, voire des anti-inflammatoires. Nous, « êtres humains », connaissons très mal notre corps. Nous sommes comme
« coupés » de lui, comme s’il y avait la tête et … le reste.

L’expérimentation m’a conduite du général vers le particulier. Partir de l’extérieur et du mouvement, pour aller vers l’écoute intérieure et l’immobilité. L’association de la théorie à la pratique m’a permis de rentrer de manière plus subtile dans ces couches inconnues. J’ai mis en conscience ces « petits muscles » interépineux qui maintiennent la colonne vertébrale, améliorant les ressentis dans la posture ainsi que la perception au niveau de certains organes internes.

Ainsi, les asanas (postures en sanskrit), au sens de « postures », représentent un excellent moyen de prendre contact avec les différentes parties de notre corps. Effectuer les mouvements en portant l’attention sur un membre en action facilite la mise en conscience de la partie qui travaille. Cela nous oblige à nous concentrer sur ce qui se passe.

Par exemple, si nous avons mal à une épaule, et que nous devons effectuer une posture où celle-ci est sollicitée, nous allons observer le mouvement, mais aussi la manière dont nous percevons la souffrance. De cette façon, nous effectuons le geste sans accroître la douleur et l’adaptons pour parvenir à prendre la position.

Pour l’élève, ce travail oblige à prendre soin de son corps et amène à l’humilité. L’élève doit apprendre à écouter ce corps qui souffre. L’attention portée au mouvement amène de la délicatesse envers soi. Être à ce qui se passe au niveau physique conduit à ressentir de manière de plus en plus précise les douleurs ressenties, les mettre en conscience pour s’adapter, voire les éliminer.

L’enseignant, par son observation, perçoit la difficulté de l’élève. Il peut alors guider de manière à accompagner le pratiquant vers la posture adaptée à son besoin, trouver le moyen régulateur à proposer. Quand ce travail se produit, l’élève relie son corps et le ressenti physique qu’il en a. Alors, le relâchement se fait…

La posture de la flexion, Uttanasana (en sanskrit), me paraît être une de celles qui scénarise le mieux la perception de ce relâchement. Il s’agit de la détente qui se produit au niveau de la nuque tout particulièrement. Quand nous faisons porter l’attention sur les tensions et demandons à l’élève de relâcher la tête, la nuque, nous percevons immédiatement le mouvement de détente qui s’effectue. Que nous soyons le pratiquant ou l’enseignant guidant le cours.

Cette problématique de « l’appropriation de l’espace corps » est très bien expliquée par le Docteur Jacques SAMUEL, dans la préface de l’ouvrage de Blandine Calais GERMAIN.*

« L’aspect fonctionnel a surtout été exposé en termes d’efficacité sans trop se préoccuper de la façon dont « ça se passait », cherchant surtout à plier le corps aux impératifs de la technique pour en faire un instrument docile au service de l’expression.

La kinésithérapie a permis de faire une synthèse grâce à la décomposition des cinèses en leurs composantes neuro-physiologiques et anatomo-mécaniques, ce qui permet de mieux cerner les effets thérapeutiques et d’en comprendre les mécanismes d’action. »

Les composantes « neuro-physiologiques et anatamo-mécaniques » : une pratique corporelle, c’est concret, simple et tangible. Rien n’est plus factuel. La proposition du yoga pour entrer dans la reconnaissance des sensations est claire : en connaissant notre corps, nous pouvons nommer nos ressentis, d’autant plus, s’ils sont douloureux. Nous nous réapproprions notre espace corporel et nous ne disons plus : « j’ai mal au dos ». Nous parvenons à décrire le lieu de la douleur et quelle sensation en découle : « j’ai comme un point entre l’omoplate gauche et la colonne vertébrale ».

En nommant précisément ce ressenti, nous pouvons alors agir dessus, en pratiquant des mouvements adaptés. Comme pour la réfection du toit de la maison quand s’ écoule une fuite, nous allons consolider la charpente et replacer les tuiles qui le couvrent. Nous réparons.

*Anatomie pour le mouvement – Blandine CALAIS-GERMAIN – Éditions Désiris 2013 – Préface.

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