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La mémoire, cette merveilleuse faculté humaine, source de joie et mine de désenchantement.

- Temps de lecture : 3 minutes

Nous terminons cette semaine les modalités du mental, les vritti, avec la mémoire. Quand elle nous coupe de la nouveauté de l’expérience, nous nous enfermons dans des préjugés et des conditionnements.

 

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« La mémoire consiste à ne pas dépouiller l’objet dont on a fait l’expérience de ce caractère d’expérience »*

 

Patanjali ne dit pas que la mémoire est source de souffrance.

La fonction mémorielle est même très importante, lorsqu’il s’agit de savoir-faire technique, tel qu’utiliser un ordinateur, conduire, cuisiner,… ou pour se protéger d’un danger, tel que poser la main sur un fer à repasser chaud…

C’est l’information que nous « encodons » , teintée des émotions de l’expérimentation, qui va nous couper de notre capacité à discerner et créer notre peine.

La définition même du mot « expérience » induit une mémorisation déformée, puisqu’elle parle de « développer une connaissance » et de « résultat » : « L’expérience est un fait vécu. Fait d’acquérir, volontairement ou non, ou de développer la connaissance des êtres et des choses par leur pratique et par une confrontation plus ou moins longue de soi avec le monde. Résultat de cette acquisition; ensemble des connaissances concrètes acquises par l’usage et le contact avec la réalité de la vie, et prêtes à être mises en pratique. » (source CNTRL).

 

Quand nous vivons une expérience, elle devrait rester au statut d’expérience.
C’est-à-dire unique, au sens d’expérimentation. Ce qui est rarement le cas.

Par exemple, on vous propose un concert d’un artiste que vous ne connaissez pas et vous passez une excellente soirée.
Vous revenez le cœur content, enchanté(e) par votre soirée.
Vous avez associé dans votre souvenir : l’artiste, la joie du moment, les chansons. D’ailleurs, vous les réécoutez en boucle pour revivre mentalement ce plaisir éprouvé.
Imaginez maintenant que pour l’album suivant, vous retournez voir le spectacle du même artiste.
Cette fois, vous avez en tête les morceaux de l’album précédent.
Ce jour-là, le chanteur ou la chanteuse écrit et joue dans un autre style, toute autre chose, sa nouveauté.
Là, vous ne retrouvez pas ce que vous avez trouvé la première fois.
Comble de tout, vous aviez en tête les anciens titres et vous ne reconnaissez rien !

Vous avez comparé : l’expérience n’est pas restée comme un vécu singulier.
Déception, colère, tristesse !
Toutes ces émotions proviennent de la différence perçue entre la réalité du deuxième spectacle et le souvenir émotionnel stocké dans votre mémoire lors de la première représentation.

 

Dès que l’émotionnel vient colorer notre mémoire, le souvenir devient l’obstacle à franchir, puisqu’il modifie notre perception.

Cette étape à surmonter apparaît, la plupart du temps, quand nous devons faire un choix. Nous commençons par raisonner et réfléchir en calculant les avantages et les inconvénients, les forces et les faiblesses (le fameux SWOT utilisé dans nombre d’entreprises, notamment en marketing). Alors poussés par les résultats et les chiffres, les analyses de ce qui s’est passé, incapables d’entendre notre petite voix qui nous crie : « non ce n’est pas ça ! ». Nous faisons un choix qui ne nous convient pas, inadapté. Avez-vous remarqué que « les bons choix » viennent souvent de l’intérieur ? Ils s’imposent à nous !

Osons écouter ce cri poussé de l’intérieur, ouverts à notre Soi.

Si nous laissons notre cœur nous guider, peut-être serons-nous plus ouverts à ce qui est bon pour nous et pour notre environnement, notre planète. Ne dit-on pas : « le cœur a ses raisons que la raison n’a pas » ? Alors, expérimentons et allons vers le nouveau, sans doute et sans peur…

 

Cette semaine, pour renforcer notre présence :

 

Côté coaching :

  • De quelle manière j’utilise ma mémoire dans ma vie quotidienne ?
  • Ai-je tendance à fixer dans ma mémoire les réalités vécues ou les souvenirs émotionnels que j’en ai gardés ?
    Mes rêves, mes croyances ?
  • Ai-je tendance à me souvenir facilement des événements, des gens ,des visages ou bien est-ce que je les oublie facilement ?
  • Comment est-ce que je fais travailler ma mémoire ?
  • Ai-je besoin de listes des choses à faire ? A acheter ?
  • Comment est-ce que je prends mes décisions ?
  • Ai-je besoin de comparer, vérifier, ou bien le choix se fait-il spontanément, en venant du cœur ?

 

Côté yoga : Respirer en portant l’attention à notre ventre, notre corps.

  • Assis sur une chaise ou sur un zafu, un coussin
  • Confortablement installé.
  • Joindre les deux index et les deux pouces et poser les mains sur le ventre, autour du nombril.
  • Porter l’attention à la respiration dans le ventre
  • Observer comment les mains sont repoussées à l’inspiration par le ventre qui se gonfle.
  • Comment les mains se rapprochent à l’expiration.
  • Prendre plusieurs respirations en conscience, tant que c’est agréable en portant l’attention sur les mains.
  • Puis reprendre un respiration naturelle en cessant l’observation avant de terminer.

 

Cette pratique vise à calmer les perturbations du mental et à venir faire le vide pour apaiser le flux des pensées. Idéal dans la journée pour s’accorder une petite pause.

 

Bonne semaine à vous.

Isabelle ABBADIE-BAOUSSON

 

*Traduction Françoise MAZET – Yoga-Sutras Patanjali – Albin Michel – Spiritualités vivantes.

 

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Image par Artie_Navarre de Pixabay

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