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Yakinatchee et monsieur Saumon

- Temps de lecture : 6 minutes

Le jour se levait à peine et une belle étoile brillait dans le ciel. C’ était l’ étoile du matin, celle qui brille au lever du jour. De nos jours, on l’ appelle Vénus.

Kuca dit à Yakinatchee : « Tu vois cette étoile dans le ciel, on l’ appelle, Elpis. Son nom vient d’ une lointaine contrée d’ où venaient tes ancêtres et il signifie « espoir ». Cette étoile est là pour guider ton cœur et t’ apporter le soutien dont tu auras besoin pour remplir la tâche qui t’ a été donnée. »

– Oui, mais comment vais-je faire ?

– L’ espoir est un précieux allié. A chaque fois que tu auras un doute, n’ oublie pas qu’Elpis guidera ton chemin. Elpis apparaît le soir, à la tombée de la nuit et le matin, au lever du jour. Aussi, il te faudra être vigilante.

– Être vigilante ? Qu’est-ce que cela veut dire ?

– L’ espoir est un allié précieux quand nous sommes dans l’épreuve. Il donne un sens à notre vie et nous permet de continuer à avancer. Mais parfois, quand nous voulons atteindre un but, nous confondons espoir et croyance aveugle.

– Qu’ est-ce qui fait la différence ?

– La différence c’ est quand tu attends simplement que les choses se fassent et que tu n’ agis pas. Quand tu te mets en action, alors le ciel et les étoiles s’ alignent. En même temps, il te faut savoir attendre le moment favorable. Si tu avances et que tu doutes, tu risques de te précipiter et de perdre le chemin. Alors, Elpis sera là, matin et soir pour te remettre sur la voie.

– Je comprends. Mais j’ai faim maintenant. J’ ai besoin de manger.

– Oui, Yakinatchee, mangeons ces bonnes groseilles séchées et ce bon miel laissés près du foyer. Puis nous nous mettrons en route. »

Kuca et Yakinatchee prirent leur petit déjeuner, puis ils plièrent le tepee, le roulèrent, et Yakinatchee l’ accrocha à sa taille, en créant un traineau, comme elle avait vu tant de fois sa maman le faire, Yuakami.

 

Ils prirent le chemin à travers la plaine, dans la direction du soleil levant, là où ils avaient vu Elpis apparaître.

Ils avançaient, ne sachant pas trop où aller, mais les papillons volaient, l’air embaumait du parfum des rhododendrons et le paysage sous leurs yeux était lumineux. Le vert de la prairie, le jaune des fleurs, le bleu du ciel. Décidément, tout n’ était pas triste dans cet endroit, même si ses parents lui manquaient, Yakinatchee progressait, portée par Elpis.

Au fur et à mesure de leur marche, le paysage s’ arrondit doucement, la plaine laissant place à des vallons. De jolies collines ornaient l’ horizon de leur formes bombées. On aurait cru être dans une belle campagne du Gers, dans le beau pays de France.

Ils marchaient depuis de longues heures quand ils arrivèrent près d’une rivière. Ils avaient soif.

Kuca se pencha sur l’ eau et Yakinatchee le rejoint, mettant ses mains en forme de coupe pour boire le précieux liquide, quand un saumon, sortit la tête de l’eau et leur dit : « que faites-vous à boire dans ma rivière ? Qui êtes-vous ? »

Yakinatchee répondit : « pardon Monsieur le saumon, mais nous ne savions pas que la rivière était à vous. Nous avions soif. Nous venons de loin et avons marché toute la journée. Nous sommes fatigués et nous voulons nous reposer. »

– Ah, tu es Yakinatchee et lui, c’ est ton ami Kuca qui t’ accompagne !

– Oui, comment le savez-vous ?

– Les Esprits de la Lune Noire m’ ont dit que tu passerais par ici. Tu recherches la Parole Sacrée. Tu peux t’ installer ici, mais avant de continuer ta route, tu devras libérer mes enfants retenus derrière le barrage du village maudit.

Pour cela, il te faudra attendre la nuit, que les habitants soient endormis ».

Yakinatchee était très embêtée, mais elle ne pouvait refuser. Elle devait traverser la rivière et sauver la Parole Sacrée…

Elle accepta et demanda : « pouvons-nous installer notre tepee ici et nous restaurer ?

– Oui, reposez-vous et attendez le signal ! »

Yakinatchee monta sa tente indienne et alla cueillir de beaux fruits dans les buissons. Elle se mit sur sa couverture et s’ endormit, Kuca à ses pieds.

Quand elle se réveilla, le ciel se couvrait de belles couleurs jaune et orange, le bleu devenant indigo, l’ étoile Elpis apparut. Yakinatchee comprit que c’ était le signal attendu. Elle n’ aurait pas su dire pourquoi, mais elle savait, là, au fond de son cœur.

Accompagnée de Kuca, elle se mit en marche en suivant l’ étoile. Il fallait faire vite avant que cette dernière ne se retire avec la nuit. Cette dernière disparut subitement. Le ciel était sombre, la lune étant encore noire.

 

Alors qu’ elle se croyait perdue, elle aperçut des formes bizarres. C’étaient comme des pierres, mais elles se ressemblaient toutes et elles étaient lisses et brillantes. Certaines étaient très grandes avec des lumières à l’ intérieur, d’ autres plus petites.

Elle ne le savait pas, mais Yakinatchee venait de traverser le temps et arrivait dans le Vingt-et-unième siècle, dans une ville moderne avec des buildings et des maisons toutes pareilles, comme des boites.

En s’ approchant, elle arriva près d’un bloc et observa l’ intérieur par une fenêtre. Elle vit des enfants, comme elle. Mais ils étaient habillés de drôles de vêtements de toutes les couleurs. Ils contemplaient un cube transparent dans lequel il y avait de l’ eau et riaient en regardant ce qu’ il y avait à l’intérieur.

Intriguée, Yakinatchee attendait. Elle ne devait pas se montrer. Ne me demandez pas pourquoi, elle savait. Comme elle l’ avait appris de son papa, elle devait patienter, se mettre à l’ affut. Attendre que le bon moment se présente…

Elle s’ adaptait à la situation inconnue du moment.

Tout d’ un coup, elle vit un homme et une femme qui arrivaient près de la porte. Eux aussi portaient des vêtements surprenants.

Ils ouvrirent. A l’ intérieur, deux fillettes riaient et criaient : « papa, maman, vous êtes rentrés, venez voir, nous sommes allés à la rivière avec papi et nous avons attrapé des poissons que nous avons mis dans l’ aquarium ».

Un aquarium, c’ était donc cela le piège ?  Elle devait récupérer les enfants de monsieur Saumon pour les remettre à la rivière.

Alors, Yakinatchee sut ce qu’ elle devait faire. Elle attendit que les parents sortent de la pièce et quand ils furent partis, elle toqua à la fenêtre et les filles la virent. Elles ouvrirent la fenêtre et lui demandèrent : « qui es-tu ? que fais-tu ? ».

– Yakinatchee est mon prénom et je viens du village Yakima, dans un pays lointain… »

Elle raconta son histoire.

Leti et Zaza, c’ étaient leurs prénoms, l’ écoutaient sans rien dire.

Elles demandèrent : « La Parole Sacrée, mais quelle est-elle ?

– Je ne sais pas. Je sais seulement que je dois parcourir le chemin. Je dois marcher et aller à la recherche de cette parole, pour la sauver et mes parents aussi. Mais avant cela, je dois rapporter les bébés saumon que vous avez pris à la rivière. Ils doivent retourner auprès de leurs parents.

– D’accord ! Mais promets-nous une chose, quand tu les auras remis dans la rivière et que tu auras sauvé la parole sacrée, tu nous avertiras.

– C’est promis. Je vous enverrai un signe et vous saurez. »

Leti et Zaza mirent les deux bébés poissons dans un bac transparent avec un couvercle.

Yakinatchee n’avait jamais vu un tel objet. Elle demanda ce que c’était.

– « Une boite en plastique », dirent les fillettes.
« Mais il est tard, Kuca et toi devez rester dormir ici et attendre le jour pour repartir. Vous resterez dans notre chambre, papa et maman n’ en sauront rien. Ce sera notre secret d’enfants ».

Yakinatchee et Kuca ne pouvaient pas refuser et étaient heureux de demeurer auprès de Leti et Zaza. De toutes manières, la nuit était trop noire et il fallait attendre l’ arrivée d’ Elpis.

Tous se couchèrent et s’endormirent…

 

Sans le savoir, Yakinatchee avait réussi la première épreuve de sa vie d’aventure.

Elle avait éprouvé le courage d’aller dans l’inconnu.
Elle avait expérimenté la patience.
Elle avait rencontré deux nouvelles amies et avait eu une parole impeccable, de vérité et d’amour, en racontant son histoire.
Elle avait appris la confiance, en l’ autre et en elle.

Elle s’ était endormie, remplie de la bonté divine, celle qui habite tous les enfants au cœur pur, avant qu’ ils ne se laissent emporter par le poids des habitudes et des conditionnements.

 

Pour connaître la suite, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine…

Si vous n’avez pas lu la première partie : https://iabcoachingyoga.fr/il-etait-une-fois/

Bonne semaine à vous.

Isabelle ABBADIE-BAOUSSON

 

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Image Canva composition Isabelle ABBADIE-BAOUSSON

 

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