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Yakinatchee et la Reine des fourmis

- Temps de lecture : 5 minutes

C’ était le matin, Yakinatchee se réveilla, Kuca sur ses pieds.

À sa grande surprise, elle se retrouvait  sous sa couverture de bison. Elle reconnaissait le haut du tepee. Elle était dans sa maison. Elle avait rêvé toute cette aventure et allait retrouver Yuakami et Quatayuaco.

Elle s’ étira et se leva. Mais au moment où elle se dressait sur ses jambes pleine d’entrain et de joie, elle vit un drôle de cube carré avec deux bébés saumon à l’ intérieur.

Non ! Décidément, elle n’avait pas rêvé et elle vivait un cauchemar éveillé !
Elle était seule avec Kuca et elle devait retrouver la Parole Sacrée…

Elle se mit à pleurer, de grosses larmes roulaient sur ses joues rondes d’ enfant. Ses beaux yeux noirs baignés d’ eau salée, elle accueillait la tristesse qui l’ envahissait. Quand reverrait-elle son papa et sa maman ?
De gros sanglots la prirent dans sa poitrine qui se soulevait et elle se lamentait si fort que Kuca, encore endormi, ouvrit les yeux.

-«Yakinatchee, pourquoi pleures-tu ? Que se passe-t-il ?

– J’ ai perdu mes parents, je suis seule dans ce tepee et je dois retrouver la parole sacrée, sans savoir qui elle est, ni où la chercher ? Je suis malheureuse, je ne vais pas y arriver. Je me retrouve seule. Que vais-je faire ?

– Yakinatchee, tu doutes et tu es triste.
La solitude pèse dans le cœur des sages. Tels les ascètes, tu expérimentes la voie de l’ oubli et de l’ abandon.

Tu as peur. Si elle est naturelle devant un danger, la peur peut devenir un poison violent lorsque nous nous accrochons à elle face à l’ inconnu et à ce qui change. Elle nous paralyse et nous apporte la tristesse et la colère.

Viens et aie confiance. Tu as trouvé les enfants de monsieur Saumon. Tu as agi justement et tu as réussi à les ramener.
Viens, allons les remettre dans la rivière. »

Yakinatchee sécha ses larmes et suivi Kuca . Le cube aquarium sous le bras, elle sortit pour rejoindre le cours d’eau. Elle versa doucement le récipient. Au moment où les poissons touchaient l’eau, le torrent disparut.

Elpis apparut. Le ciel était jaune pâle, légèrement teinté de vert avec des reflets perle et mauve. Elpis était là, éclairant de toute sa splendeur la direction vers où aller.

Yakinatchee et Kuca se mirent en marche.

Le paysage se transformait au fur et à mesure de leur avancée.
Un paysage sec et aride remplaçait les collines verdoyantes. Les deux amis se trouvaient dans un désert. La végétation était rare et essentiellement composée de plantes grasses, de plantes succulentes et de drôles d’arbres à fleurs jaunes.

Elpis avait disparu. Il faillait que les voyageurs se protègent du soleil qui devenait brulant.

Yakinatchee monta le tepee et ils purent se mettre à l’abris. Utilisant la technique du modelage, elle pratiquait comme ses parents le lui avaient enseigné, quand il faisait chaud. Elle ferma les issues pour garder la fraicheur à l’ intérieur et récupérer l’ humidité de l’ évaporation le long de la toile.

N’ayant qu’ à attendre la fraicheur du soir, Kuca et elle s’ installèrent à l’intérieur. Ils s’ allongèrent pour faire un somme.

 

Tout à coup, le sol se mit à bouger. Il ondulait et plissait, comme si un tapis roulait et se déplaçait. En se penchant, ils virent de minuscules fourmis transparentes, presque invisibles. Elles étaient en train de lacer un fil quasi invisible autour de la tente, empêchant toute sortie.

-« Fourmis, que faites-vous ? », demanda Yakinatchee.

– Des humains ont enlevé notre reine pour récupérer le nectar céleste et nous te faisons prisonnière pour t’ échanger contre elle.

– Mais je n’ y suis pour rien ! répondit Yakinatchee. « Et qu’ est-ce que le nectar céleste ? »

– C’est une substance fabriquée par notre reine pour nourrir les membres de notre fourmilière. Les hommes s’ en servent pour leur repas en période de famine. Sans le nectar, nous sommes condamnées à mourir ! Toi et ton ami, vous allez nous servir de monnaie d’ échange.

– Mais pourquoi voulez-vous nous prendre en otage pour quelque chose que nous n’ avons pas fait ?

– La vie est comme ça ! Si nous ne parvenons pas à sauver notre reine, nous te garderons pour nous servir. »

Yakinatchee était contrariée. Vraiment, elle n’ avait pas de chance !
Elle était bloquée dans son tepee pour une faute qu’ elle n’avait pas commise.

C’ était trop injuste. Elle vivait déjà une histoire compliquée et on la punissait pour une erreur commise par d’autres.

Comme elle se morfondait au fond de sa prison, Kuca lui dit : « rappelle-toi Yakinatchee, tu n’ es pas responsable des actes des autres humains. Ce n’ est pas toi qui a enlevé la reine des fourmis du désert. Souviens-toi de ce que disait ton grand-père « quoi qu’ il arrive, n’ en fais pas une affaire personnelle ! Fais appel à ta faculté d’écoute. C’ est quoi la vraie question ? »

– Les fourmis ont peur de mourir parce qu’elles n’ auront pas à manger ?

– Oui et alors ?

– Les personnes qui ont enlevé la reine ont faim ?

– Oui et alors ?

– Je ne sais pas…

-…

– …

– Yakinatchee, as-tu gardé la plume d’ aigle que t’ avais donné ta grand-mère ?

– Oui.

– Sors-la et laisse-la te guider. L’ esprit de l’ aigle est en elle… »

La petite fille sorti la plume de l’oiseau majestueux. La plume lui échappa des mains et vint se poser devant ses pieds. Elle commença à écrire dans le sol : les hommes ont faim, les fourmis ont faim. Que mangeaient tes ancêtres en temps de famine ? Souviens-toi…

Yakinatchee réfléchissait. Elle essayait de comprendre, quand elle se souvint ce que son père lui avait raconté. Quand les indiens avaient faim, la nourriture de famine était les graines de Paloverde Jaune. Les Seri mangeaient cela dans leur tribu…

Elle appela les fourmis et leur raconta ce qu’ elle venait de comprendre.

Elles devaient l’ accompagner à la rencontre des kidnappeurs de la reine. Les fourmis acceptèrent à condition que Kuca reste.

Yakinatchee n’avait pas d’autre solution que d’ accepter le marché.

 

Il se mirent en route et quelques dunes plus loin, ils virent des tentes fermées et un gros monticule qui ressemblait à une butte de terre en plein désert.
Il ne faut pas oublier que les fourmis sont petites et que des mètres pour nous, équivalent à des kilomètres pour elles.

 

Yakinatchee alla à la rencontre des hommes du village. Ils ne ressemblaient en rien à ceux qu’ elle connaissait. Ils étaient grands et fins, comme des lianes. Leur peau était transparente, comme les fourmis du désert.

Elle se présenta et parla dans sa langue. Mais ils ne semblaient pas comprendre.

Alors, elle sorti sa plume d’ aigle et se mit à dessiner une fourmi dans le sol. Ensuite, elle crayonna un buisson. Près des tentes, les hommes reconnurent les arbres : des fleurs jaunes et blanches et des sortes de grappes. Elle leur montra des graines et en mangea une…

Ils firent comme elle.

Regardant les fourmis, ils se mirent à parler avec elles.
Etrangement, ils comprenaient le langage des fourmis, mais pas celui des humains.

Ils semblaient rassurés. Ils ne mourraient pas de faim. Ils rendirent la reine à son peuple.

Yakinatchee et ses nouvelles amies pouvaient rentrer au tepee.

Yakinatchee retrouva Kuca au moment où la nuit tombait. Elpis montrait ses premières lueurs. Il était temps de prendre la route…

 

Aujourd’hui encore, Yakinatchee avait appris une nouvelle leçon de vie.

Tout d’ abord, elle n’ était pas responsable des actes des autres personnes.

Ensuite, elle devait ajuster son comportement par rapport à la situation et ne pas supposer une réalité ou des peurs. Il était important de voir la vérité, sans préjugés et sans hypothèses. Finalement, s’ inventer des histoires pouvait être cause de tristesse.

Enfin, elle avait fait de son mieux et avait utilisé ses capacités personnelles pour trouver une solution favorable pour tous.

Elle sentait une ressource incroyable en elle-même : la joie.
Elle avait dépassé sa peur de l’ inconnu et avait trouvé une solution à son problème.

Elle venait de vivre sa seconde épreuve…

 

Elpis, guidait son chemin.

Comme par enchantement, une pluie fine se mit à tomber pour apporter sa fraîcheur régénérante.

Finalement, cette aventure était une drôle d’aventure…

 

Pour connaître la suite, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine…

 

Bonne semaine à vous.

Isabelle ABBADIE-BAOUSSON

 

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Si vous n’avez pas lu l’épisode précédent : https://iabcoachingyoga.fr/yakinatchee-et-monsieur-saumon/

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Image Canva composition Isabelle ABBADIE-BAOUSSON

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