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L’abandon au Seigneur, une autre voie vers le Samādhi.

- Temps de lecture : 4 minutes

Dans les Yoga-Sutras, Patanjali présente un cheminement dans l’expérience de la vie, la pratique et l’observation que nous pouvons en faire pour nous ouvrir à la conscience. Dans le sutra I.23, il ouvre la voie de la dévotion.

I.23 Ishvara-pranidhānād vā.
« Ou bien, grâce à l’abandon au Seigneur.»*
Ishvara, le Seigneur – pranidhānād, poser ; par un abandon, une dévotion active – vā, ou bien.

 

Il ne s’agit plus ici de faire, mais de s’en remettre à plus grand que soi, au divin.

 

Lâcher-prise…

Dans notre monde effervescent où tout nous entraîne toujours vers plus et toujours plus vite, nous sommes enclins à vouloir diriger et contrôler notre vie. Nous pensons, réfléchissons, définissons et dictons la direction que nous voulons lui donner, sans même savoir si celle-ci correspond à notre besoin fondamental.

Notre mental a pris le pouvoir et nous ne parvenons pas à nous en défaire. Nous utilisons à vau-l’eau l’expression « lâcher-prise », faisant d’elle une injonction supplémentaire. Nous suivons le courant : « votre collègue, enfant, mari, femme,… vous pose problème ? »,  » vous devez lâcher-prise ! « .

Avez-vous ressenti ce serrement de gorge, cette torsion d’estomac ou encore ce pincement dans votre cœur quand on vous assène :  » il faut que tu lâches !  » ?
C’est juste pendant ce moment de doute ou de tension où vous n’avez surtout pas envie de lâcher quoi que ce soit.
Vous êtes en stress intense, et vous avez besoin d’écoute, mais surtout pas qu’on vous dise  » il faut que tu lâches ! « .

 

L’abandon au Seigneur…

L’abandon est un chemin plus profond fondé sur l’acceptation.

Accepter, c’est accueillir ce qui surgit, agréable ou désagréable. C’est consentir à stopper nos mouvements, se poser et admettre que nous ne pouvons plus commander à notre vie.

S’abandonner au Seigneur, c’est ce qui m’est arrivé en 2005, après avoir attrapé la dengue. Mon corps a vacillé et je me suis effondrée, emportée dans une ambulance vers les urgences de l’hôpital de Clamart.

Ce jour-là, je suis devenue animal de laboratoire.
Tension 7 !
Je disais aux médecins :  » je pense avoir contracté la maladie lors de mon voyage en Martinique ». Ils répondaient « oui ».

Ils ont fait quantité d’examens pensant que je pouvais avoir déclaré un cancer foudroyant.

A moitié consciente, je m’abandonnais entre les mains des soignants, et à Dieu. Dans une douce léthargie, j’aurais pu mourir. J’étais heureuse dans cet état où rien ne comptait plus que me laisser porter vers l’inconnu.

J’avais accepté…

 

L’abandon dans notre vie quotidienne…

Mon histoire d’hospitalisation, c’est ce qui m’est arrivé pour me faire comprendre que je devais dire « oui à la Vie ».

Se résigner. Nous sommes nombreux à ne pas vouloir le faire. Mais que mettons nous derrière ce mot ? Selon le Larousse, il s’agit « d’accepter sans protestation ni révolte quelque chose de pénible, de fâcheux, qui paraît inéluctable ».

Ne confondons pas résignation et soumission.
Dans le premier cas, il y a une action volontaire de notre part, liée à l’inéluctable. Dans le second, apparaît la contrainte. Le Larousse définit la soumission comme « l’action de mettre ou fait de se mettre sous le pouvoir d’une autorité contre laquelle on a lutté ; privation d’indépendance qui en résulte ».

Se résigner est donc très différent de se soumettre. C’est se mouvoir de la confiscation vers l’acceptation. Nous restons libre dans notre tête, rien ni personne ne peut nous dicter notre pensée…

En ayant foi dans notre capacité à comprendre, en collaborant pour un monde meilleur et non contre un monde décadent, nous pouvons changer notre vision du Monde et nous mettre en action.

Ishvara-pranidhānād, c’est persévérer sur ce chemin que nous choisissons de prendre, en acceptant de nous en remettre entre les mains de ce que nous considérons de « plus grand que soi », Dieu, ou peu importe le nom que nous souhaitons donner à cette dimension supérieure.

C’est vivre et laisser vivre…

 

Aujourd’hui, côté coaching :

  • A quels moments dois-je accepter ce qui se joue dans ma vie ?
  • De quelle manière est-ce que je choisis de vivre les aléas qui se présentent dans ma vie ?
  • La dévotion étant une partie intégrante du Yoga, comment un.e non-croyant.e peut-il, peut-elle lire cet aphorisme comme une invitation à accepter de ne pas être maître de toute sa vie et de choisir l’abandon comme une étape de métamorphose ?

Côté yoga :

  • Posez-vous sur une chaise, le dos décollé du dossier, ou sur un zafu.
  • Posez les mains sur vos cuisses, le poids des épaules pris en charge par les jambes. Relâchez-les.
  • Portez l’attention à votre respiration : ressentez-vous le souffle dans votre corps ?
  • Maintenant, descendez cette attention dans votre ventre. Observez les sensations de votre respiration dans cette partie de votre corps.
  • Laissez-vous respirer quelques minutes, tant que c’est confortable.
  • Si l’inconfort surgit, observez encore quelques secondes le pourquoi de cet inconfort ?
  • Expirez dans la zone inconfortable en essayant de détendre cette partie quelques secondes de plus.
    Vous découvrez l’acceptation d’une position inconfortable.
  • Enfin, sortez de la posture, étirez-vous.
    Imaginez-vous au réveil d’un long sommeil et remettez-vous en action, doucement, retournez à votre activité.

 

Bonne semaine à vous.

Isabelle ABBADIE-BAOUSSON

 

*Traductions Françoise MAZET – Yoga-Sutras Patanjali – Albin Michel – Spiritualités vivantes.

 

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